Une bonne idée ?
20 octobre 2012
François Hollande conclut le congrès de la Mutualité française à Nice en assurant «je propose de généraliser à l’horizon 2017 l’accès à une couverture complémentaire de qualité pour tous».
9 avril 2013
Le Parlement vote le projet de loi de sécurisation de l’emploi (Ani) qui prévoit la mise en place d’une complémentaire santé obligatoire dans toutes les entreprises
Et aujourd’hui ?
Des millions de retraités, de fonctionnaires et de chômeurs ne sont pas pris en compte par ce dernier dispositif. Que faut il imaginer ?
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Se soigner est-il devenu un luxe ?
Aujourd’hui, l’assurance-maladie ne rembourse plus que 55  % des soins de ville et presque rien sur l’optique, le dentaire et les prothèses auditives. Résultat, 1 Français sur 4 déclare avoir déjà renoncé à des soins pour des raisons financières. Sans complémentaires santé, en effet, difficile de se soigner. François Hollande au congrès de la Mutualité française en octobre 2012, à Nice, proposait de « généraliser à l’horizon de 2017 l’accès à une couverture complémentaire de qualité pour tous  ». Une position soutenue par Etienne Caniard, président de la Mutualité française. Certains Français ont déjà des aides pour bénéficier d’une complémentaire santé : 4,5  millions ont droit à la Cmu-c , 775 000 à l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé et 60 % des salariés bénéficient d’une couverture santé prise en charge à 50 % par leur employeur.
En janvier, le Medef et certains syndicats (la Cgt et FO s’y sont opposées) signaient l’accord national interprofessionnel (Ani), dont le premier article impose une couverture santé complémentaire obligatoire pour tous les salariés. Derrière l’apparente bonne idée, l’accord est dangereux, et il est massivement contesté. En effet, que vont devenir les chômeurs, les handicapés et les retraités qui devront payer plein pot leur cotisation pour une complémentaire ? Et l’Ani risque d’entraîner une baisse du niveau de prise en charge de l’assurance-maladie. Car les exonérations accordées aux entreprises pour la participation à la cotisation mutualiste de leurs salariés vont représenter un manque à gagner important, qu’il faudra bien combler soit en augmentant les cotisations, soit en diminuant les remboursements.
Et ne risque-t-on pas de mettre en place pour les salariés un système à plusieurs étages  : une Sécurité sociale de base peu généreuse, complétée par une complémentaire santé proposant un panier de soins a minima et, pour ceux qui en ont les moyens, des surcomplémentaires optionnelles ? Le danger, outre l’aggravation des inégalités, n’est-il pas de voir alors se démanteler notre modèle de solidarité nationale ? Certains, comme Jean-Paul Benoit, président des Mutuelles de France, le craignent. En juin, lors de son assemblée générale, la Mutualité française demandait que la généralisation de la complémentaire santé aille à son terme, conformément aux engagements pris par le président de la République. « Plus que jamais, l’accès aux soins et la régulation sont devenus une priorité », assure Etienne Caniard.
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